caserne


caserne

caserne [ kazɛrn ] n. f.
• 1680; « loge pour quatre soldats de garde » av. 1547; provenç. cazerna « groupe de quatre », du lat. quaterna
Bâtiment destiné au logement des troupes. baraquement, casernement, quartier. Cour de caserne. Garnison établie dans une caserne. Les chambrées, la cantine, le foyer, la salle de police, le poste de garde d'une caserne. Caserne d'infanterie, de cavalerie; caserne de pompiers. Être à la caserne : être soldat. « cette grande communauté qu'est une caserne où la triste cloche des heures était remplacée par la [...] joyeuse fanfare de ces appels » (Proust). Par ext. Ensemble des soldats logés dans une caserne. Plaisanteries de caserne.
Fam. Grand immeuble peu plaisant, divisé en nombreux appartements.

caserne nom féminin (ancien provençal cazerna, du latin quaterna, édifice quadrangulaire) Bâtiment affecté au logement des militaires. Familier. Immeuble impersonnel comprenant un grand nombre d'appartements. ● caserne (expressions) nom féminin (ancien provençal cazerna, du latin quaterna, édifice quadrangulaire) Plaisanteries, habitudes de caserne, plaisanteries, habitudes grossières. ● caserne (synonymes) nom féminin (ancien provençal cazerna, du latin quaterna, édifice quadrangulaire) Bâtiment affecté au logement des militaires.
Synonymes :

caserne
n. f.
d1./d Bâtiment destiné au logement des troupes.
|| Ensemble des troupes logées dans un tel bâtiment.
d2./d Par anal. Fam. Vaste bâtiment peu avenant.

⇒CASERNE, subst. fém.
A.— Bâtiment destiné à loger des troupes. Caserne d'artillerie, de cavalerie, de gendarmerie, des pompiers; la cour, le mur de la caserne; être consigné à la caserne.
P. méton.
1. Ensemble des soldats logés dans une caserne :
1. Pour être fins, ils font des jeux de mots qui seraient bons à dérider une caserne, ...
MAUPASSANT, Contes et nouvelles, t. 1, La Moustache, 1883, p. 616.
2. Service militaire :
2. — « Le devoir » dit Beauville, « est individuel. Jean Paul ne dit-il pas que celui de l'homme de lettres consiste à faire un volume par an? »
— « Vraiment oui », fit Mérodack, « si je refuse le devoir de la caserne, j'en accomplis un autre, celui du Verbe ».
J. PÉLADAN, Le Vice suprême, 1884, p. 188.
B.— P. compar.
1. [P. réf. à la vie ou à l'état d'esprit des soldats logés en caserne, gén. dans le tour subst. + de + caserne] Chanson, expression, plaisanterie de caserne :
3. Mon oncle était tout à fait jovial. La seule pensée d'être importun le gardait en belle humeur. Il nous conta dans un excellent style de caserne, ma foi, certaine histoire d'une religieuse, d'un trompette et de cinq bouteilles de chambertin qui doit être fort goûtée dans les garnisons et que je n'essayerais pas de vous conter, madame, même si je me la rappelais.
A. FRANCE, Le Crime de Sylvestre Bonnard, 1881, p. 396.
2. [P. réf. à l'aspect uniforme et massif d'une caserne] :
4. Le Philosophe (...) Les tisserands à la main travaillaient en famille dans leurs villages normands ou picards; est-il bon que vos industriels aient construit pour eux de tristes casernes?
A. MAUROIS, Dialogues sur le commandement, 1924, p. 128.
5. ... elle [l'Ambassade de France] fut bâtie, conjointement avec la maison qui lui fait face, en 1852, sur la rivière Westbourne, par un nommé Hudson qui avait fait fortune dans les chemins de fer; c'étaient les maisons les plus hautes de Londres, et comme ces deux casernes carrées ne trouvaient pas de locataires, on les surnommait Malte et Gibraltar, parce qu'imprenables.
MORAND, Londres, 1933, p. 122.
3. [P. réf. à la discipline régnant à l'intérieur d'une caserne] :
6. ... on ne demandera pas à la France dans l'économie continentale, d'être une caserne où tous nos jeunes soient capables de se figer au même garde-à-vous... (R. Château).
L'Œuvre, 18 mars 1941.
Emploi adj. :
7. Règle, discipline, obéissance passive (...) tel est le joug sous lequel se courbe en ce moment la grande France révolutionnaire. Le réformateur ne s'arrêtera que lorsque la France sera assez caserne pour que les généraux disent : À la bonne heure!
HUGO, Napoléon le Petit, 1852, p. 58.
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Av. 1547 « abri sur les remparts pour les soldats de garde » (Journ. d'un bourg. de Par. s. le règne de Fr. Ier, p. 335 ds GDF. Compl.) — Ac. 1798; 2. 1680 « bâtiment destiné à loger des troupes » (RICH.). Empr. à l'a. prov. cazerna, quazerna « groupe de quatre personnes » (fin XIIIe s. ds LEVY Prov.), issu du lat. vulg. quaderna, altération de quaterna plur. neutre de quaterni (cahier). Fréq. abs. littér. :858. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 578, b) 1 484; XXe s. : a) 1 724, b) 1 323. Bbg. BRÉAL (M.). Notes d'étymol. B. Soc. Ling. 1910/11, t. 16, p. 62. — DUCH. 1967, § 9.6. — LAMMENS 1890, pp. 79-80.

caserne [kazɛʀn] n. f.
ÉTYM. Av. 1547, « loge pour les (quatre) soldats qui montaient la garde »; p.-ê. du provençal cazerna « groupe de quatre personnes », du lat. vulg. quaderna, altér. de quaterna; cette hypothèse est contestée par P. Guiraud qui voit dans le provençal cazerna un dér. de casa « maison » sur le modèle de caverne, taverne.
1 (1680). Bâtiment destiné au logement des troupes. Baraquement, casernement, quartier. || Cour de caserne. || Garnison établie dans une caserne. || Soldat consigné à la caserne. || Les chambrées, la cantine, le foyer, la salle de police, le poste de garde… d'une caserne. || La vie de la caserne : réveil, lever des couleurs, exercice, corvées, appel et contre-appel, extinction des feux… || La discipline, le régime de la caserne. || Caserne d'infanterie, de cavalerie, de gendarmerie, des pompiers. || Être à la caserne, être soldat.
1 Je continuai ma course jusqu'à la dernière cour devant les casernes. Là nous attendaient nos soldats.
A. de Vigny, Servitude et Grandeur militaires, II, 12.
2 (…) cette grande communauté qu'est une caserne où, le temps ayant pris la forme de l'action, la triste cloche des heures était remplacée par la (…) joyeuse fanfare de ces appels (…)
Proust, À la recherche du temps perdu, t. VI, p. 94.
3 — Soldat, lève-toi, soldat, lève-toi (…) La sonnerie reprenait aux quatre coins de la caserne.
J. Romains, les Copains, V, p. 189.
2 Fam. Grand immeuble peu plaisant, divisé en nombreux appartements.
4 Au coin d'Albert gate (…) s'élève l'Ambassade de France; elle fut bâtie, conjointement avec la maison qui lui fait face, en 1852 (…); c'étaient les maisons les plus hautes de Londres, et comme ces deux casernes carrées ne trouvaient pas de locataires, on les surnommait Malte et Gibraltar, parce qu'imprenables.
Paul Morand, Londres, p. 122 (1933).
Fam., péj. Établissement (école, lycée), entreprise où règne une discipline pesante.
DÉR. Caserner, casernier.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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